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Le lieu

Café coworking dans le Marais : un rythme de commerce

On travaille bien dans les cafés du Marais, mais le quartier tourne sur un rythme de commerce : pic à 12 h et à 16 h, week-end chargé. À quelques minutes de là, le Sentier suit un rythme de bureaux. Comment choisir selon l'heure.

Sur le trottoir du 127 rue d'Aboukir, un bol de café posé sur un bloc de bois noirci qui sert de table, avec la carte du café à côté. Un chevalet porte la mention « Grab a good café there » et une flèche vers l'entrée. En face, la rue ensoleillée, ses immeubles haussmanniens, un tabac et des boutiques de prêt-à-porter.

Oui, on travaille dans les cafés du Marais, et plutôt bien. Seulement le quartier tourne sur un rythme de commerce : les salles se remplissent quand les boutiques ouvrent, la journée est découpée par les visiteurs et pas par les réunions, et le samedi ressemble à un mardi en plus dense. Si vous cherchez deux heures tranquilles un mardi à 10 h, le rythme de bureau se trouve de l'autre côté du boulevard de Sébastopol.

Le Marais vit du commerce, le 2e vit des bureaux

Le Marais s'étend sur le 3e et le 4e, et son économie visible est faite de boutiques, de galeries et de musées. Ça se voit dans les salles : le pic n'est pas à 9 h, il est à 12 h puis à 16 h, et il monte encore le week-end. Un samedi après-midi, une table dans le Haut-Marais se mérite.

Le quartier n'est d'ailleurs pas homogène. Le sud, côté 4e, vit surtout du passage et des grandes rues commerçantes. Le nord, côté 3e, a gardé des ateliers, des galeries et des bureaux de création, et c'est là que le travail en café fonctionne le mieux. Si vous cherchez le Marais qui bosse, montez vers le haut du quartier.

Le Sentier fonctionne à l'envers. Le quartier travaille dès le matin parce qu'il a toujours travaillé le matin : les grossistes du textile de la place du Caire ouvraient tôt, et les agences, studios et jeunes boîtes qui occupent aujourd'hui les mêmes étages ont gardé l'horaire. Pic à 9 h, creux à 15 h, week-end calme.

Aucun des deux n'est meilleur. Ils ne servent simplement pas au même moment de votre semaine.

Le boulevard de Sébastopol est une frontière d'usage, pas une distance

De la rue d'Aboukir au Haut-Marais, comptez un quart d'heure de marche au plus, moins si vous prenez le métro à Réaumur-Sébastopol. La distance n'est donc pas le sujet, et c'est le point que beaucoup de gens ratent quand ils choisissent leur camp une fois pour toutes.

Ce qui change en traversant, c'est qui remplit la salle. À l'ouest du boulevard, des gens qui travaillent dans le quartier et y reviennent tous les jours. À l'est, un mélange où les visiteurs pèsent lourd. Vous n'aurez pas les mêmes voisins de table, donc pas les mêmes conversations, donc pas les mêmes rencontres.

Il y a une conséquence agréable à cette proximité : vous n'avez aucune raison de choisir. Deux adresses de chaque côté du boulevard couvrent tous les cas d'une semaine, et les avoir en tête ne coûte rien.

Ce que ça change pour un rendez-vous client

Un rendez-vous de 17 h avec quelqu'un qui enchaîne avec une soirée dans le 3e : le Marais est logique, et personne ne vous en voudra pour le bruit à cette heure-là.

Un rendez-vous de 9 h 30 entre deux bureaux, où il faut sortir un chiffrage et se faire entendre : le 2e est bien plus sûr. C'est d'ailleurs le cas d'usage que traite recevoir un client sans louer de salle dans le centre de Paris, et le créneau du matin y est la variable qui compte le plus.

Une chose qui ne se lit sur aucune carte : le bruit d'un quartier de commerce monte par vagues, à l'ouverture et à la fermeture des boutiques. Celui d'un quartier de bureaux monte une fois, à midi, puis redescend. Pour un rendez-vous d'une heure, la deuxième courbe est infiniment plus facile à anticiper.

Mon avis, tranché : choisir son quartier de travail par affinité esthétique est la meilleure façon de perdre une heure par semaine à chercher une chaise. On choisit par rythme, et le rythme se lit sur l'heure du pic.

Choisir son côté selon l'heure, pas selon l'adresse

Une règle simple, qui tient sur un coin de carnet : avant 11 h et après 16 h, allez du côté bureaux. Entre les deux, le côté commerce est plus agréable parce que ses habitués sont partis déjeuner ailleurs.

Le 2e complique un peu les choses parce qu'il n'est pas homogène : ses quatre sous-quartiers n'ont pas le même usage, et Bourse à 10 h ne ressemble pas à Sentier à 10 h. Les avis en ligne ne montrent jamais cette différence, ce qui explique une partie des déceptions et ce que les notes ne disent pas d'une session de travail.

Le creux de 15 h, des deux côtés du boulevard

Il y a une heure où les deux quartiers se rejoignent : 15 h. Les déjeuners sont finis, les visiteurs sont dans les musées ou dans les boutiques, et les salles respirent.

C'est aussi l'heure où l'on parle à ses voisins de table. Dans le Sentier, la personne assise à côté de vous à 15 h est rarement en vacances : elle prépare une levée, un site, un catalogue, une campagne. Cinq minutes de conversation à ce moment-là valent mieux que trois soirées de networking, et ça ne coûte rien.

C'est le moment du matcha glacé et de la deuxième session, celle où l'on avance vraiment parce que le matin a servi à traiter les urgences. Un cappuccino à 4,50 € fait aussi bien l'affaire si vous préférez rester sur du chaud. La salle est à moitié vide, la lumière tombe sur la rue d'Aboukir, et les deux heures qui suivent ne ressemblent à aucune autre de la journée.